Le vendredi 26 janv à Châteauneuf le Rouge: Novare et sa région - Culture et Gastronomie (voir évènements)

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Gênes

Les guides touristiques n’incitent guère les visiteurs potentiels à se rendre à Gênes par la simple raison que leurs rubriques consacrées à cette ville sont pour le moins expéditives. Et vous-même n’avez sûrement pas été tentés par l’aventure  dans deux cas de figures: le premier si vous avez effectué une traversée furtive, de la ville en glissant sur les toboggans de l’autoroute du soleil surplombant des toitures d’immeubles sans envolée architecturale, le second si vous avez erré dans la zone portuaire à la suite d’une défaillance de l’incontournable système de navigation par satellite. Dans le fond c’est une bonne chose car sous estimés, les lieux ont ainsi pu conserver un aspect tout à fait naturel. On y a gagné la gentillesse des commerçants, la disponibilité des employés de l’office du tourisme, la sérénité des Génois auxquels on demande un renseignement. Ce sont autant de signes de l’absence de saturation par rapport aux flots ininterrompus de touristes qui déferlent dans les autres cités historiques de ce pays plein de charme. Osons donc Gênes !  

Nous avons évoqué le port, il est incontournable ! C’est une vieille affaire car c’est par lui que transitaient le vin, l’huile, le sel, le coton et l’alun, ce colorant fort prisé qui procura la richesse indiscutable de certains. Gênes était une république maritime florissante qui fit le bonheur de ses habitants et de quelques uns en particulier qui avaient le don du commerce et en retiraient tout ce qu’ils pouvaient. Ici aussi ces gens, bien assis, prêtaient de l’argent aux souverains régnants et dispendieux, leur louaient des navires pour le commerce ou pour la guerre, c’était au choix! Parfois dit-on, pour s’assurer de ce que les dettes seraient honorées, quelques vaisseaux lancés sur les mers par les emprunteurs étaient, par le truchement de pirates commandités par les banquiers, lestés des richesses qu’ils ramenaient d’Amérique pour s’assurer plus rapidement du remboursement. On est efficace ou on ne l’est pas ! La lanterne-phare du port qui veille sur celui-ci depuis le XV° siècle, dans sa version revisitée, pourrait en raconter de belles mais c’est le musée de la mer qui s’en charge et il vaut la visite ! Tout y est dit et de belle manière. Parmi les attractions instructives, la palme revient à l’évocation de l’émigration à destination de l’Amérique. Chaque visiteur parvenu à l’étage consacré à cette page de l’histoire locale se voit remettre, en entrant, le fac-simile d’un passeport de migrant. Muni de ce document, il est invité à l’introduire dans un lecteur de carte qui suscite aussitôt un échange virtuel avec un agent en charge de l’immigration, aux talents de tragédien avéré. Celui-ci pose toutes sortes de questions avec force mimiques analysant les motivations profondes débouchant sur une acceptation ou un rejet de la candidature

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Biosphère  Port   Lanterne

En sortant, vous pourrez  vous embarquer à quelques centaines de mètres de cet immeuble de verre sur une vedette. Ne comptez pas entendre grand-chose des commentaires, si vous vous trouvez à l’arrière car c’est là qu’est le moteur, mais vous parcourrez les installations portuaires actuelles et découvrirez l’étirement des quais dont les môles sont affectés successivement et méthodiquement à la métallurgie, aux minerais, aux carburants et aux containers. Lors de notre expédition, un jour de semaine, l’activité paraissait assez réduite puisqu’un seul chargement était effectué! La visite se termine à proximité de la piste d’atterrissage car l’aéroport Christophe Colomb…est implanté à l’entrée occidentale du port.

Au retour de cette navigation, vous n’en n’aurez pas fini avec les sollicitations car un énorme aquarium réserve de fortes sensations offrant aux visiteurs, outre la découverte de la faune marine quelque évocation de monstres antiques fort séduisants! Les enfants y trouveront donc leur bonheur ! A proximité, a été posée sur l’eau une bulle de verre ou Biosphère aux dimensions respectables et à la température adéquate recréant une ambiance tropicale que semblent apprécier les personnes en quête d’exotisme et de beaux oiseaux au plumage orangé qui leur réserveront un petit concert. Le long d’un quai subsistent les magasins de coton qui sont désormais affectés à un autre usage. Les espaces alentours sont dégagés et facilitent les échanges d’autant que de nombreux bancs favorisent la détente sous la vigilante protection de représentants divers de l’ordre, carabiniers, soldats, gardes des finances qui ne cessent d’arpenter les lieux pour la sécurité des citoyens. En quête de sensations vous pourrez faire un tour dans le mirador qui grimpe au sommet d’un mas de cocagne électrique  pour en redescendre au bout d’un moment, évidemment!

Tournez le dos au port, vous serez saisis d’étonnement à la vue du palais San Giorgio, triomphe du trompe l’œil, véritable sanguine qui révèlera toute sa majesté dans la lumière du couchant. Derrière celui-ci, dans les galeries couvertes qui courent parallèlement au front de mer, quantité de boutiques offrent, au choix, de quoi se nourrir sommairement ou satisfaire les frénésies d’achats de touristes peu regardants. C’est l’étape obligatoire à franchir pour accéder à la vieille ville par ces « vicoli » minuscules où l’on peut à peine se croiser à condition de ne pas être trop obèse! Les « vie » d’ailleurs ne sont guère plus larges et il a fallu attendre quelques siècles pour que de belles avenues n’accueillent les demeures prestigieuses des marchands à qui la fortune a continué de sourire. Il n’empêche que ceux qui avaient les moyens trouvaient dans le dédale, l’espace suffisant pour se faire édifier un immeuble élégant comme celui des Spinola dont la toiture est pourvue d’une terrasse aménagée en jardin d’où l’on peut scruter les rotations des bateaux.

Palazzo-san-Giorgio-1.jpg Palazzo-San-Giorgio-2.jpgPalazzo-Spinola.jpg    

Palais Saint Georges  

détail palais Saint Georges

Palais Spinola

Sur une place proche du palais ducal, la cathédrale Saint Laurent dont le clocher aux airs de lanterne, se repère de fort loin, témoigne par sa richesse de la ferveur des fidèles. Son trésor vaut le petit détour par la crypte car sont présentés dans une surenchère de raffinements des chefs d’œuvre réalisés par des orfèvres d’une habileté extraordinaire. Vous admirerez des reliquaires, calices, plats, antependiums d’argent et de vermeil. La tête de Saint Jean-Baptiste, victime de la cruauté des Hérode, y occupe une place récurrente. Les autres églises n’ont pas à céder aux complexes par rapport à celle de l’archevêque car le marbre pour le sol et les murs, la dorure et les fresques stupéfiantes en trompe-l’œil pour les plafonds, prouvent que l’on n’a guère lésiné sur la qualité des matériaux et  que l’on n’a pas choisi les plus médiocres artisans ! Il faut dire que ce sont en quelque sorte les chapelles funéraires des Grimaldi, Doria, Spinola, Brignole Sale pour se limiter à quelques familles de notables. A Santa Maria delle Vigne on notera qu’on a recouru aux talents du marseillais Pierre Puget pour dresser l’autel. Mais en matière de curiosités, il faut évoquer l’église San Piero in Banchi où dans une sorte de compromis historique et dans un esprit d’élévation spirituelle, le commerce a eu raison du rez-de-chaussée et le clergé s’est arrogé le premier étage. C’est du même ordre à l’abbazia di Santo Stefano où l’église semble posée, un peu de travers quand même, sur une galerie marchande aux ogives zébrées.

San-lorenzo.jpgTesoro.jpgSanta-Maria-delle-vigne.jpgSanto-Stefano.jpg

Cathédrale St. Laurent  trésor  Santa Maria delle Vigne
autel de Puget
abbazia di Santo Stefano

De même qu’ils n’ont pas compté pour aider à la construction des églises de la ville, les Gênois qui avaient réussi dans les affaires se sont ménagé de somptueuses résidences, à l’image de celles qui bordent la Strada Nuova. La répartition ne s’est pas effectuée au hasard, le rang social justifiant les emplacements affectés. Certains ont tout de même compté un doge parmi leurs ancêtres. La distribution est la même…cour intérieure, cage d’escalier grandiose, enfilade de salons aux plafonds décorés de fresques, galerie des glaces aux lustres scintillants pour certains, terrasse aménagée en jardin. Des ors, du marbre de toutes les couleurs, de la vaisselle décorée révèlent un art de vivre des plus raffinés. Les tableaux ornant les murs ont été exécutés par les grands peintres locaux mais le concours d’étrangers a été sollicité comme Van Dyck ou Rubens qui a réalisé ou publié de magnifiques dessins des palais de la ville.

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Palazzo Rosso - Chambre  Palazzo Bianco Galerie Palazzo Spinola PalazzoReale

On a souvent évoqué le commerce ce qui n’est pas étonnant pour une ville portuaire mais il est rassurant de constater que l’université a fini par disposer d’un palais étagé sur une colline qui constitue une mise en scène grandiose du savoir.

Tout n’a pas été vu, tout n’a pas été dit…il s’agit d’un petit clin d’œil. La richesse de Gênes demande que l’on y consacre plus de temps. Ces propos ne sont qu’une incitation au voyage et à la découverte ! Laissez de côté les préjugés, Gênes vous attend mais ne tardez pas car le classement, par l’Unesco, des palais de la ville promet un afflux de touristes à court terme!

B.M.           


Date de création : 31/12/2017 @ 18:20
Catégorie : Voyages - Carnet de Voyage
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